Débattre à gauche : mode d'emploi

Pour le PCF, le bon chemin serait plutôt de chercher à remobiliser l’électorat populaire à partir de propositions concrètes et de rassembler une majorité à gauche sur des solutions, un projet, des réponses en rupture avec les solutions libérales à l’oeuvre depuis trop longtemps. Ce sera à l’ordre du jour de l’assemblée générale des communistes messins les samedi 26 septembre prochain.


15 septembre 2009

Les questions des « primaires » et les alliances au centre dans l’espoir de battre Nicolas Sarkozy en 2012 agitent à gauche. Pour le PCF, ces deux voies sont des « impasses ». Première voie sans issue : l’idée d’un rassemblement du PCF au Modem, avancée entre autres par le socialiste Vincent Peillon. Sur quel projet, quelle politique les électeurs pourraient se mobiliser ? Toujours les mêmes politiques sociales libérales, centro sociales ? Toujours les mêmes politiques respectueuses de la libre concurrence en Europe et du tout marchand dans le monde ? Dans cette alliance du PCF au Modem, il faut barrer PCF, car les communistes ne prendront pas ce chemin de la défaite. La seconde impasse est celle contenue dans l’appel paru dans Libération pour des primaires à gauche, visant à éliminer par avance tous les autres candidats hors du PS à l’élection présidentielle. Ces primaires seraient un premier renoncement face à la droite car elles tournent le dos au besoin de grandes avancées démocratiques et d’une nouvelle République au profit des seules logiques présidentialistes. C’est aussi la tentation du plus petit dénominateur commun face à la droite, car une primaire assurerait le choix de celui ou celle qui serait d’abord dans l’air du temps. Avec un air aussi pollué que le nôtre par les idées libérales, ces primaires seraient un autre renoncement face à la droite. On voit poindre derrière la tentation du bipartisme à l’anglo-saxonne. Lorsqu’on regarde les idées avancées par ses signataires, on voit bien que leur idée est d’aller vers un système politique divisé en deux blocs, républicains contre démocrates, travaillistes contre conservateurs qui, la preuve est faite, ne se disputeront que l’alternance du pouvoir, sans jamais remettre en cause l’essentiel des choix économiques et sociaux. Pour le PCF, le bon chemin serait plutôt de chercher à remobiliser l’électorat populaire à partir de propositions concrètes et de rassembler une majorité à gauche sur des solutions, un projet, des réponses, comme d’interdire les licenciements dans les entreprises bénéficiaires et de reconnaître de nouveaux droits aux salariés à l’entreprise, de se prononcer clairement pour des nationalisations bancaires, pour l’augmentation des salaires, pour un financement de la protection sociale pénalisant les placements et les revenus financiers, pour la suppression du bouclier fiscal, une sécurisation de l’emploi et de la formation… C’est aussi cesser de tergiverser et affronter enfin l’Europe sur les questions de services publics pour en finir avec le dogme de la concurrence libre et non faussée. Une telle construction, vu le débat à gauche et les troubles dans les consciences, n’est pas facile, mais pas question de repousser aux calendes grecques cette alternative vu l’urgence. Le PCF propose à tous ceux qui veulent que ça bouge à gauche de se donner septembre et octobre pour ouvrir des ateliers sur des thématiques concrètes comme l’utilisation de l’argent, la réforme des institutions, une nouvelle façon de produire… De la confrontation pourront apparaître les contours d’un rassemblement solide. Ces échanges pourraient être suivis d’un point d’étape en novembre pour acter les convergences 
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Posté le dimanche 25 octobre 2009
Débattre à gauche : mode d’emploi

La droite a réussi sur le terrain où la gauche a échoué. À grand renfort de mystifications, elle a capté à son profit une charge de rêve, une capacité de représenter le monde, qui depuis longtemps échappe à la gauche. La consommation à grande échelle découle de cette machine à rêves. Par exemple, on favorise l’accession à la propriété foncière. La méthode permet de freiner l’exacerbation des tensions sociales, mais surtout de faire croire au hoi polloi qu’il devient l’égal du bourgeois. Cet usage de la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave est habilement complété par l’accaparement du temps libre. Ici, la droite a créé une sorte de Zeitgeist basé sur le fétichisme. En réalité, il s’agit de l’âme du capitalisme fondée sur la personnification des choses et la chosification des personnes, entrelardées par l’alibi naturaliste. Le fléau, dénoncé en son temps par Karl Marx, tisse sa toile dans les médias, à la télévision, où se concurrencent des programmes mesurables à l’aune de l’imbécilité, mais pire encore dans les programmes scolaires et les comportements de tous les jours. En corollaire, la réflexion, le repos, sont proscrits dans la société. La tromperie est amplifiée lorsque les politiciens de droite en viennent à abuser du patrimoine de la gauche, limitation du temps de travail, droit des travailleurs, enseignement obligatoire, congés payés…pour faire valoir une image affable voire conviviale alors qu’il s’agit de manœuvres dolosives. C’est pourquoi, la métaphore de Clouscard illustre bien le contexte actuel : « La ruse fondamentale de la bête n’est-elle pas de se transformer en son contraire ? » Finalement, cette vaste entreprise d’acculturation où le « a » prend tout son sens privatif, n’est que le reflet de la dystopsie qui s’instaure discrètement, avec tous les dangers qu’elle représente. Ainsi, la farce connue sous le titre de « moraliser le capitalisme » présentée par les puissants de ce monde en découle. Mais, on y reconnaît le scénario de l’habituelle forfanterie des conservateurs les plus obtus. Celle qui consiste à déplacer dans le champ de la morale des mécanismes du fait de l’économie. Tant il est vrai que pour eux, la pérennité du capitalisme reste l’enjeu fondamental et quelque soit sa capacité destructrice.

Aussi, le moment n’est-il pas venu de remettre à l’honneur L’IDÉE COMMUNISTE ? Cette idée qui, débarrassée de ses avatars et du socialisme de salon, prône la transformation des moyens et des conditions de satisfaction des besoins de l’humanité en biens communs. Avec cette perspective apparaît non pas la disparition du hasard dans l’existence, mais la mise en place d’une réelle sécurité pour l’individu dans la société. Elle place l’égalité des conditions d’existence comme variable d’ajustement. De fait, il s’agit d’un accroissement des libertés réelles comme celle de se nourrir, de se soigner, d’avoir un toit,… en tant que dépassement des libertés formelles et des circuits d’aliénation imposés par la bourgeoisie. Aussi, la crise structurelle que traverse le capitalisme devrait être favorable à l’idée de son renversement. Or, il reste à en convaincre les premières victimes ; les ouvriers détenteurs d’un savoir-faire et les prolétaires contemporains ; sujets dépossédés, aliénés, interchangeables et assujettis à la machine, qu’elle que soit la nature de l’automatisation.