Conseil municipal du 30 avril
Respectons la liberté d’affichage en milieu urbain
10 mai 2009
Monsieur le Maire, chers collègues,
A l’ère d’internet, l’affichage reste un vecteur important de communication. Le marché de l’affichage commercial est évalué en France à plus de 4 milliards d’euros soit 12% des dépenses publicitaires. Cela place notre pays au premier rang pour ce média. Les marges de ces sociétés sont excellentes. L’augmentation de la taxe est donc tout à fait légitime mais comme le déclarait le Président de la République en 2002 monsieur Jacques Chirac : « la pollution visuelle dues à ces publicités intempestives à l’entrée des vile est une vraie préoccupation en matière de paysage. »
En effet, si le centre ville est épargné, les autres quartiers ne le sont pas. Selon les chiffres transmis, on décompte plus de 500 panneaux 4X3 m à Metz, c’est considérable. Or l’espace public est un bien commun. On ne peut parler d’écologie urbaine sans se soucier de ces pollutions visuelles. 73% des Français considèrent que cette forme de publicité est envahissante. A l’heure où les enjeux environnementaux sont au cœur des préoccupations publiques, ce système de communication incite également à la surconsommation et au gaspillage.
Il véhicule, en outre souvent des messages stéréotypés et avilissant pour les femmes. La publicité est légitime mais elle ne doit pas être envahissante. Elle doit respecter le cadre de vie de chacun. N’aurions-nous pas intérêt à nous préoccuper d’avantage de ces questions pour réduire le nombre de panneaux existants, limiter leur taille pour restituer de l’espace visuel aux habitants ?
La loi favorise le gigantisme de l’affichage commerciale et « offre » à l’affichage d’opinion et associatif des panneaux de 2X1m. Cela donne à Metz la réalité suivante : 6237m2 de panneaux publicitaires et moins de 80 m2 pour l’affichage libre ! Mais en réalité le constat est encore plus sévère. Les 12 colonnes Morris sont monopolisées par l’affichage commercial. Les 38 autres panneaux subissent malheureusement le même sort et cela au mépris de la loi. Pouvons-nous accepter Monsieur le Maire ce non respect de la loi et voir ainsi nos concitoyens et les associations priver du droit élémentaire d’affichage ?
Les associations ont des moyens limités A quoi sert de coller une affiche dont la durée de vie est limitée à quelques heures ?
Ces questions concernent nos engagements communs en matière de démocratie participative mais aussi de propreté publique.
La création d’une trentaine d’espaces supplémentaires et le respect de la loi permettraient en effet de limiter considérablement l’affichage sauvage pour un coût limité pour notre ville. Le respect du droit à l’affichage d’opinion et associatif, nous permettrait de donner en outre un élan supplémentaire à la vie associative. Gandhi disait : « celui qui voit un problème et ne fait rien fait partie du problème.
L’espace public est un bien commun. Libérons l’affichage des pressions commerciales pour redonner de l’espace aux citoyens.



